Gestion du temps des managers dans l’hôtellerie de luxe

Le manque de temps est-il vraiment le problème des managers de l'hôtellerie-restauration de luxe ? Le regard de Mélanie Prudhon.

Par Mélanie Prudhon, fondatrice d'ONIBEE

Réenchanter le management pour élever l'excellence.

Dans l’hôtellerie-restauration en France et à l’international depuis 2004, j’accompagne aujourd’hui les hôtels et restaurants de luxe dans la transformation de leurs pratiques managériales et relationnelles.

« En tant qu’alliée discrète des dirigeants d’hôtels et de restaurants d’exception, je transforme leurs équipes de l’intérieur en leur redonnant les rênes pour qu’elles arrêtent de subir. »

« Chez nous, on n'a pas le temps »

C’est sans doute la phrase que j’entends le plus souvent, dans presque tous les établissements que j’accompagne.

Et je la comprends : dans l’hôtellerie-restauration de luxe, une journée ne ressemble jamais à ce qui était prévu le matin.

Un collaborateur absent, l’arrivée d’un groupe, une réclamation client, un imprévu opérationnel… les priorités changent constamment et les managers ont le sentiment permanent de courir après le temps.

Pourtant, quand je prends le temps de creuser avec eux, je fais souvent le même constat : ce n’est pas le temps qui manque. C’est la priorité qui n’est pas la bonne.

Le paradoxe du temps managérial

Nous trouvons toujours quinze minutes pour gérer une réclamation, refaire une chambre en urgence ou remplacer un collaborateur absent.

En revanche, nous peinons à dégager ce même quart d’heure pour faire un feedback, préparer une prise de poste ou échanger avec quelqu’un qui montre des premiers signes de démotivation.

Or :

  • Le feedback jamais donné se transforme en conflit ouvert
  • La prise de poste mal préparée fait fuir un collaborateur prometteur
  • Le signal de démotivation ignoré découle sur un turnover évitable

C’est tout le paradoxe de la gestion du temps quand il s’agit de management : les conversations que l’on reporte parce qu’on pense manquer de temps sont précisément celles qui nous en feront perdre le plus demain.

Le management n'est pas une variable d'ajustement

Je ne dis pas que manager est facile, ni que la pression opérationnelle du secteur est illusoire.

Je constate simplement une tendance très répandue et qui fait beaucoup de dégâts : traiter le management comme quelque chose que l’on fera « quand le service sera terminé », « quand la saison sera passée », « quand on aura le temps ».

Or l’activité, dans l’hôtellerie de luxe, ne se calme jamais vraiment.

« La performance est une conséquence, pas un objectif. Elle est le résultat d’équipes bien managées, jamais d’un emploi du temps miraculeusement dégagé. »

Prévenir plutôt que réparer

C’est exactement pour cette raison que, dans le parcours ONIBEE MOMENTUM, nous travaillons autant la posture managériale que des outils de priorisation concrets, simples et immédiatement activables sur le terrain, pas de théorie hors-sol, juste ce qui fonctionne dans le quotidien d’un manager pressé :

  • Organiser sa semaine en distinguant l’urgent de l’important
  • Déléguer réellement plutôt que déléguer « sur le papier » en reprenant la main dès le premier accroc
  • Sanctuariser un temps régulier avec chaque membre de l’équipe, car ce temps, s’il n’est pas pris, ne sera jamais rattrapé plus tard

C’est notre méthode : secouer avec justesse pour identifier ce qui bloque vraiment, puis outiller avec agilité et simplicité.

Ne plus poser des pansements sur des problèmes récurrents, mais s’attaquer à ce qui les cause.

C’est, avec l’expérience, ce qui redonne le plus d’énergie à un manager : sentir qu’il reprend la main sur son temps, plutôt que de le subir.

Quelle est la conversation que vous reportez, dans votre établissement, faute de temps, et qui deviendra probablement une urgence d'ici quelques semaines ?

Mélanie, fondatrice d'ONIBEE.